Séraphine 2, 100x120cm, huile sur toile

 

La couleur est une des composantes fondamentales du tableau, quelle que soit la toile, quel que soit le papier. Elle complète une structure, une lumière et une matière.
L'unité des quatre composantes est déterminante. En cela, il est juste de considérer en permanence les rapports entre ces quatre formes de la volonté du peintre. La couleur, confidente de la lumière, s'unit à la matière pour habiller une structure. Jamais elle ne doit oublier la volonté initiale du geste et du dessin qui la portent. Ce principe d'unité vaut à l'intérieur même du jeu de la couleur.
Le grand principe des complémentaires :
Le principe le plus respecté est celui du jeu des complémentaires. Par là, on n'entend pas seulement une réalité spectrale et colorimétrique: un certain nombre de paramètres vont ajouter leurs nuances aux équations de la création. Les contrastes de la matière, de ses aspects, par exemple. La transparence des glacis à l'huile vient compléter le vocabulaire puisque la lumière des différentes couches en change la nature, la perception. Une même teinte objective provoquera des sensations différentes selon la façon dont elle aura "monté depuis le fond". En cela la couleur a ses principes mais aucun truc ne peut enfermer l'oeuvre, sinon l'attitude de l'artiste!
Le principe des complémentaires consiste à étendre le spectre des couleurs déjà utilisées par leurs complémentaires. Une sensation de richesse et d'équilibre en émane quand ce principe est appliqué avec attention. Le terme de quantité doit être redéfini en permanence, pour que cet équilibre s'établisse. La notion de contraste également.
La richesse d'une palette y gagne beaucoup: par les complémentaires, l'oeil fait plus vite le tour du spectre, comme rassasié en trois bouchées de couleur. Ce qui permet de mieux contrôler ou plutôt de mieux réaliser la volonté d'homogénéité de la toile, de la peinture comme un tout.
La couleur dans les couleurs :
Une couleur toute seule dans son coin aura du mal à justifier sa présence. Deux méthodes classiques permettent de limiter le nombre des orphelines.
La première consiste à mettre un peu de chacune des couleurs dans les autres, au moins à l'état de traces. La deuxième attitude consiste à distribuer les couleurs à l'intérieur d'un tableau, de façon à ce que l'oeil du spectateur circule naturellement en suivant le chemin qu'elles dessinent. À chaque couche, à chaque visite, la distribution des couleurs doit prendre cette forme de générosité.

Ces deux principes doivent agir comme des précautions, sachant que dans toute création il y a une part de risque qu'il ne faut pas renier, mais défier.
Le choix des couleurs :
Une palette de tons de terre sera rassurante, les contrastes entre bleus et jaunes primaires vivifiants, et l'utilisation du rouge fera recette - les deux tiers des revues d'art en sont badigeonnés! Le choix d'un nuancier n'est pas qu'affaire de goût ou de convenance mais de justesse. Le propos de l'artiste ne commence pas avec la couleur: il se traduit en couleur. L'idée du peintre coloriste est erronée: Quelle oeuvre peut se construire à partir de la couleur seule ? Le geste qui la porte commence bien avant sa rencontre, bien au delà des faux débats sur la figuration et l'abstraction. L'artiste contemporain n'est pas un marchand de palettes.

 

Artiste Peintre

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